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Saturday, 14 March 2009

Le Devoir de philo: "Of the Standard of Taste":

Le Devoir is always a good and thoughtful read.

Today it published a well - written article on the Standards of Taste and bollywood by Mélissa Thériault

Le devoir de philo - Hume, Slumdog Millionaire et Bollywood

Mélissa Thériault, Docteure en philosophie  spécialisée en esthétique, professeure au Cégep de Rimouski

Le philosophe écossais refusait de croire que des goûts et des couleurs on ne discute pas

Deux fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie ou d'histoire, mais aussi à d'autres auteurs passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant. Cette semaine, reprise de la querelle du «goût» chez David Hume, par le truchement d'un film oscarisé et de la machine de Bollywood.



Le récent succès du film Slumdog Millionaire du réalisateur Danny Boyle témoigne d'un engouement généralisé pour la culture fascinante de l'Inde. Racontant les (més)aventures d'un garçon issu d'un bidonville de Mumbai, l'histoire se termine par une danse chorégraphiée, clin d'oeil de Boyle à un procédé typique de l'industrie cinématographique de cette ville, berceau des films de style Bollywood. Très populaires, ces comédies musicales, contrairement à Slumdog Millionaire, sont rarement considérées ici comme de bons films, peut-être parce qu'elles correspondent moins aux normes artistiques occidentales. 

Mais sur quoi se base-t-on pour établir de telles normes? Quels sont les critères pour juger de la valeur d'une oeuvre d'art comme Slumdog Millionaire ou les films de Bollywood. Et surtout, qu'est-ce qui fait que, malgré la diversité des goûts, nous nous entendions souvent -- pensons aux Oscars -- sur la valeur d'une oeuvre d'art? Le philosophe écossais David Hume (1711-1776) s'est penché sur ces débats dans plusieurs essais, dont De la norme du goût, rédigé vers 1757. 

Contrairement à la croyance répandue, la plus grosse industrie cinématographique en matière de production et d'audience n'est pas basée à Hollywood mais à Mumbai (anciennement Bombay, d'où le néologisme Bollywood pour désigner les comédies musicales indiennes influencées par les modes de production hollywoodiens). Il s'y produit près de 1000 films par année, destinés à un public potentiel de plus de trois milliards de personnes en Inde, au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Afrique et en Amérique latine. 

Cette popularité croissante nous indique-t-elle que ces productions ont une quelconque valeur artistique? Peu importe, dirons plusieurs: lorsque le public aime, inutile de s'interroger ainsi. Cette logique de l'audimat ou des cotes d'écoute est souvent celle qui clôt le débat de nos jours. On doit pourtant se demander pourquoi ce type d'oeuvre suscite autant d'intérêt: c'est précisément ce que Hume a fait en partant à la recherche d'une norme du goût. 

Le dogme du relativisme 

On aime à répéter aujourd'hui que tous les goûts sont dans la nature, ou que des goûts et des couleurs on ne discute pas. Ces proverbes, qui confortent le relativisme dont notre époque a fait un dogme, sont en revanche rarement appliqués à la lettre: nous cherchons spontanément à justifier nos goûts ou à discréditer le goût d'autrui... surtout lorsqu'il diffère du nôtre! «Nous sommes enclins à appeler barbare tout ce qui s'écarte de notre propre goût et de notre propre compréhension», disait Hume. 

Cette question a été âprement discutée par les auteurs intéressés par l'esthétique, un domaine de la philosophie qui cherche à définir ce qu'est le beau (et, par extension, ce qu'est une belle ou une bonne oeuvre d'art). Définie comme une «science du perçu», l'esthétique philosophique a connu son âge d'or au XVIIIe siècle. David Hume, l'un de ses plus illustres représentants, a cherché à cerner ce qui fait qu'il existe une règle, un standard qui permet de juger de ce qui est ou non de bon goût. Depuis, les débats sur la normativité esthétique (soit les règles d'appréciation qui affectent nos jugements esthétiques) font rage. 

Aucune universalité 

Au XVIIe siècle, la notion de goût sort du domaine culinaire pour entrer dans le vocabulaire philosophique, avec le sens métaphorique qu'elle conservera par la suite, soit une faculté de discerner ce qui est valable esthétiquement et artistiquement. On est donc, à l'époque, assez loin du sens qu'on lui attribue aujourd'hui, soit celui d'une préférence personnelle: on l'entendait alors comme un standard, une convention. 

Chez Hume, le goût est une règle qui permet d'établir ce qui est beau ou non. Mais la première difficulté sur laquelle il se butera est de constater qu'en matière de goût, il n'y a aucune universalité qui semble valoir. Abandonnera-t-il pour autant sa recherche en concluant que tous les goûts se valent? Non. Tenant pour acquis qu'il est naturel de chercher une règle universelle qui expliquerait pourquoi nos goûts s'accordent ou diffèrent, le philosophe tente d'élucider la question autrement. L'objet n'est plus beau ou plaisant en lui-même, mais parce qu'il éveille certaines dispositions du récepteur. 

Les conditions de réussite esthétique et artistique sont alors déplacées de l'objet vers le sujet: «La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, nous dit Hume, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente.» On pourrait alors être porté à penser que les films de Bollywood sont bons parce qu'ils plaisent à beaucoup de gens. Mais ce serait mal comprendre Hume. 

Un test du temps 

En effet, les transformations liées au contexte historique dans la production artistique font en sorte que l'expérience est transformée par les chocs entre les époques, ce qui nous permet de renouveler notre interprétation des oeuvres. L'histoire joue ainsi un rôle essentiel dans la constitution d'un ensemble de règles qui guident nos manières de produire des oeuvres artistiques, mais aussi de les apprécier. Hume fait donc intervenir l'idée d'un «test du temps», qui apparaît comme une condition nécessaire pour conclure qu'une oeuvre possède une grande valeur artistique. Par exemple, une oeuvre d'art produite en fonction d'une mode sera généralement oubliée sitôt la mode passée. Ne dit-on pas souvent qu'une oeuvre a bien ou mal vieilli? 

Il faudra attendre quelques années avant de pouvoir affirmer hors de tout doute que les films de Bollywood d'aujourd'hui, tel Slumdog Millionaire, sont bons ou mauvais. Le recul est nécessaire. Par exemple, Om-Shanti-Om, le méga-blockbuster de 2007 mettant en vedette le séduisant Shahrukh Khan (la plus grande star de Bollywood), a beau avoir été le film le plus populaire de toute l'histoire de l'industrie et avoir été récompensé de plusieurs prix, le charme opérera-t-il dans 25 ans? Si oui, on pourra dire qu'il a effectué avec succès le test du temps. Des oeuvres bollywoodiennes sont considérées comme classiques: Le Grand Moghol, réalisé en 1960 par K. Asif, par exemple. On peut voir dans le fait qu'une oeuvre soit estimée depuis longtemps un indice de sa valeur. Pour Hume, ce n'est toutefois pas le seul critère. 

La conformité aux règles classiques de la beauté d'une époque n'est pas non plus suffisante, à ses yeux, pour conclure qu'une oeuvre a une grande valeur. On peut respecter les règles de production et arriver à un résultat totalement inintéressant. C'est le piège de l'académisme. À l'inverse, une oeuvre moins réussie sur le plan technique peut néanmoins l'être sur le plan artistique. 

Selon Hume, on doit distinguer le goût physique et le goût de l'esprit. Le décalage entre ces deux niveaux fait en sorte qu'une oeuvre peut nous plaire malgré ses imperfections. Ainsi en est-il de ces comédies musicales bollywoodiennes peu conformes à nos standards occidentaux. Souvent très longs (trois heures ou plus!), peu réalistes, à l'eau de rose, voire carrément quétaines, incohérents et mal scénarisés, selon plusieurs, ces films plaisent par leur surenchère de couleurs et l'élan de leurs chorégraphies. Sont-ils de bons films pour autant? Difficile à dire. 

Homme de goût 

La variété des réactions possibles face à un même objet amènera Hume à conclure que les différences de préférences s'expliquent par les dispositions du spectateur. Une personne peut être touchée par une chose qui en laissera une autre indifférente. Cela vaut aussi pour notre exemple: les films de Bollywood ont beau avoir un public planétaire, il se trouvera toujours des gens pour ne pas en comprendre l'intérêt. Le philosophe écossais demeure cependant attaché à une idée d'objectivité du beau. Il résout l'opposition entre diversité des préférences et unité de la règle en assimilant la norme recherchée à une certaine idée de la nature humaine. 

C'est cette nature humaine qui agit comme constante, ce qui fait en sorte que le goût n'est pas totalement relatif. Il peut cependant être amélioré: chez Hume, il n'y a pas plus de bon goût que de génie entièrement inné. L'un comme l'autre proviennent de la maîtrise des règles de l'art et du talent. Ainsi, même si la nature produit une diversité dans les préférences, elle fournit en même temps l'étalon qui permet de comparer entre elles les impressions: l'idée de goût. 

Si Hume admet le caractère subjectif des goûts, il refuse cependant d'abandonner l'idée d'une norme, d'une référence objective. Il règle alors le problème en faisant valoir que la grande diversité dans les goûts n'implique pas que ceux-ci se valent tous: le tempérament du spectateur et le contexte social sont les deux causes principales qui peuvent influer sur le goût d'un individu. Ainsi, nous pouvons ressentir du plaisir au contact d'une oeuvre (et ce sentiment sera toujours vrai, selon Hume), mais ce plaisir ne suffit pas à rendre valable le jugement positif porté sur l'oeuvre. 

C'est ici que Hume fait entrer en scène le fameux «homme de goût» dont le jugement sert de modèle. Pour juger adéquatement, l'homme de goût doit être situé dans un contexte approprié, posséder une capacité de comparaison, être doté de bon sens et exempt de préjugés, se démarquer par la délicatesse de ses sens et compter parmi ses habiletés la pratique d'un art. Puisqu'il n'est pas donné à tous de répondre à ces exigences, peu de gens seraient en mesure de distinguer les bonnes et mauvaises oeuvres. 

Par conséquent, la popularité des films de Bollywood ne suffira jamais à proclamer la supériorité artistique sur tous ces autres qui n'attirent qu'un maigre public. Dans la logique de Hume, il faut plutôt les évaluer en nous mettant dans la peau d'un homme de goût. Ce qui n'est pas sans difficultés. Difficile d'être exempt de préjugés face à une oeuvre issue d'une culture radicalement différente de la nôtre... 

Élitisme ? 

Nulle surprise que la vision de Hume ait été taxée d'élitisme. Le philosophe précise pourtant que le jugement de l'homme de goût n'a de valeur que s'il est acceptable par tous, c'est-à-dire s'il présente un caractère universel. Autrement dit, si on considère que le jugement de certains individus est plus fiable que celui des autres, c'est simplement parce qu'il est pratiqué dans des conditions idéales et non parce qu'il représente une quelconque autorité. 

Par exemple, dans le cas où l'homme de goût imposerait arbitrairement ses choix (ou ceux de sa classe sociale), son verdict n'aurait pas de valeur parce qu'il serait issu du sentiment et de la préférence personnelle et ne satisferait pas aux conditions énoncées par Hume. Un fan des films de Bollywood aura peut-être de la difficulté à mettre son sentiment de côté et à juger de façon objective ces films qui lui procurent tant de plaisir. À l'inverse, l'expert en cinéma ne peut se servir de son autorité pour discréditer ce qui ne cadre pas dans ses préférences personnelles. Qui peut juger de l'oeuvre? La réponse se trouve quelque part à mi-chemin entre les deux. 

La beauté est dans l'oeil de la personne qui regarde: voilà qui résume la conclusion à laquelle parvient le philosophe écossais. Si on n'a souvent vu dans ses écrits qu'une simple approche relativiste de l'expérience esthétique, c'est qu'on n'a pas toujours su dégager en quoi son approche, malgré les difficultés qu'elle comporte, était riche. David Hume aurait-il préféré Slumdog Millionaire ou les films de Bollywood? On ne le saura jamais, mais il est certain que l'un et l'autre auraient piqué sa curiosité. Et, qui sait? ils lui auraient peut-être donné envie de danser. 

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Vous avez un commentaire, des suggestions? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com. 

- Anciens textes du Devoir de philo et d'histoire: http://www.ledevoir.com/societe/devoir_philo.html#.


Thursday, 26 February 2009

Slumdog Millionaire: Gritty portrait of real India on reel( SHASHI ON SUNDAY)

let me continue to post on SM...
this time by on eof my fav. writers: Sashi tharoor

 Slumdog Millionaire: Gritty portrait of real India on reel

Movies made by westerners about India have rarely been worth writing home about,
ranging as they've done from the appallingly ignorant racism  of Steven Spielberg's
Indiana Jones and the Temple of Doom to David Lean's well-intentioned but cringe-making Passage to India, with Alec Guinness in brown face and dhoti, warbling away as Professor Godbole. But once in a while an exception comes along that makes up for the lot of them. I've just seen Slumdog Millionaire, directed by Trainspotting's Danny Boyle from a script by The Full Monty's Simon Beaufoy, based on the page-turning novel Q & A by diplomat Vikas Swarup. Exuberant, exciting, gaudy and gritty in a way that can only be called Dickensian, Slumdog Millionaire brings contemporary Mumbai to life from the seamy side up, and it does so with brio, compassion and all-round cinematic excellence. For the first time since Gandhi, there's genuine Oscar buzz around a movie set in India, with Indian characters, Indian actors and Indian themes.

I'm a huge fan of Vikas Swarup's novel, one of the most delightful reads I've enjoyed in years. It's about an orphan boy called Ram Mohammed Thomas who is about to win a TV quiz show based on Kaun Banega Crorepati and is arrested on suspicion of having got that far by cheating. He's rescued by a female lawyer who gets him to tell his life story and explain how he, an uneducated slum kid, knew the answers to such difficult questions. Ram then tells a number of stories, each of which explains how he knew what he happened to know. Screenwriter Simon Beaufoy has changed pretty much all of Swarup's stories, introduced a romantic element and even re-baptised the hero (who is now Jamal Malik). But he has retained the novel's structure and premise, and Danny Boyle has brought its spirit alive in a way that i believe even Swarup would appreciate.

The film will be released in India, both in its original bilingual version and in a version dubbed in Hindi, in January. One fair warning to Indian viewers: its depiction of Indian poverty and slum life is searingly real. It was filmed in large part with small hand-held digital cameras on location in Dharavi and in the Juhu slums, and the mounds of garbage, the cesspits, the overflowing drains are all very present. There is even a scene involving human excrement that is both revolting and hilarious. But this is not, despite all of that, an exercise in the pornography of poverty. Slum life is depicted with integrity and dignity, and with a joie de vivre that transcends its setting. It is easy to see why this movie would appeal to international cinegoers in a way that a bleaker film like City of Joy could not.

I saw the film in New York with an audience made up largely of Indian expatriates. In the enthusiastic discussion that followed, only one person reacted negatively, saying that the film seemed to show all Indians as conniving, unprincipled and ruthless, and that the only compassionate people in the film were a pair of white tourists who give Jamal some money. Danny Boyle reacted to that charge by pointing out that his Scottish characters in Trainspotting were also conniving, unprincipled and ruthless, and that he happened to like to depict people like that. Something tells me that most Indian viewers will take this in stride - we live in a land largely devoid of larger-than-life heroes, and we have learned to take human beings as they are, which is to say, as grossly imperfect. And the film's hero, played by the teenage British Indian actor Dev Patel with a look that combines intensity and expressiveness and yet seems utterly genuine, is as sincere a protagonist as you could hope to find.

The casting of Slumdog Millionaire is a dream. Anil Kapoor, as the sleazy TV host, diamonds winking in his earlobes, has never been better; the quietly understated Irrfan Khan turns in another bravura performance as the police inspector whose questioning brings out Jamal's story. And the trio of children who play each of the principal characters - at ages 6, 12 and 18, roughly - could not be more appealing, more convincing or more gifted. The casting was such a triumph that the casting director, Loveleen Tandon, got promoted to the unusual credit of co-director. She plans to make her own film soon, and her association with Slumdog Millionaire is a great credential.

As a novelist myself, i wondered about the changes made to the book on its way to the screen. Some i could understand; cinema and novels are distinct art forms, and what works well in one medium does not necessarily translate well into the other. In particular, novels can afford to digress in ways that the attention span of movie audiences cannot accept: a film requires one clear over-arching narrative, fewer characters to keep straight, and a common thread from beginning to end. But some of the changes were arguably unnecessary: I lamented, in particular, the loss of 'Ram Mohammed Thomas' and his mongrelised Amar-Akbar-Anthony exemplifying of Indianness. I hope that people will both read the book and see the movie to savour the differing strengths of Swarup's original premise and Danny Boyle's transcreation of it.

But above all, Danny Boyle's Slumdog Millionaire is the work of an artist at the peak of his powers. India is his palette and Mumbai - that teeming 'maximum city', with 19 million strivers on the make, jostling, scheming, struggling and killing for success - is his brush. The portrait that emerges has been executed with bold strokes, vivid colours and striking images. It will stay in the mind's eye a long time.


http://timesofindia.indiatimes.com/Opinion/Columnists/Shashi-Tharoor/Gritty-portrait-of-real-India-on-reel/articleshow/3746015.cms 

Monday, 23 February 2009

The world of underdogs: 'Slumdog's' Oscar victory sends a message to the world

Resilience is the key.
The "celluloid  Slumdog" risked everything and  took it all.
I saw this post  by Andy Goldberg on SM on INDIA TODAY website.
It s always good to read differently...


 'Slumdog's' Oscar victory sends a message to the world
Andy Goldberg (IANS)
Los Angeles, February 23, 2009

Before "Slumdog Millionaire's" amazing Oscar win pundits were wondering whether art might imitate life. On Sunday night, on the crystal-swathed stage of the Kodak Theatre, and in front of the world's biggest celebrities and a huge global audience, the cliche came true, and then some.

The Mumbai-based movie about the unlikely rise of an inconsequential Indian pauper to win India's most popular game show, won an even more remarkable victory when it swept eight Oscars, including the most coveted one of all for Best Picture of the year.

To put that achievement in perspective, the $14-million movie almost didn't get shown in the US, when its original distributor pulled out of the indie film market after deciding that there was no real chance for a film that was half in Hindi to succeed in the US.

That decision surely ranks alongside that of the producer who passed on the Beatles for failing to recognise how one piece of art can be so profound as to change the entire context which surrounds it.

"Slumdog..." did what all great art aspires to: it communicated across boundaries of culture, geography, economy and language. It shone a light into the heart of characters from Mumbai, but in so doing it taught everyone who saw it - from Mumbai to Milan, from Bangkok to Brazil, and from Lagos to Los Angeles, something about themselves and their immediate world.

Penelope Cruz, who won the supporting actress award for portraying a mentally unstable Spanish woman in "Vicky Christina Barcelona", best explained the magic that lay behind "Slumdog's" success.

"I always felt that this ceremony was a moment of unity for the world," said Cruz, "because art in any form has been will be and will always be our universal language."

The movie has already earned close to $160 million at the global box office, and the Oscar win will surely boost its earning significantly.

That could profoundly change the way films are made and distributed, giving filmmakers and the investors who back them more courage to pursue vibrant, global movies that celebrate cultures and characters that go beyond the usual Hollywood star system.

By choosing "Slumdog" as the year's best movie, the power players of the US film industry also sent a strong message around the world, one that echoed the political approach of the country's new underdog president. No more American hegemony, but new collaboration and respect for the other peoples of the world and their traditions, creativity and culture.

The uniqueness and unmatched energy of "Slumdog's" approach was clear even on the Oscar red carpet. As the regular phalanx of stars strutted the carpet in their glamorous designer togs, the cast and crew of "Slumdog" looked like a big happy family on an annual outing - albeit somewhat incongruously dressed in tuxedos and gowns.

The contrast between the glitz of Hollywood and the grit of Mumbai was striking, but it was also part of the message.

"Together we have been on an extraordinary journey," said producer Christian Colson as he was surrounded on stage by dozens of the cast and crew. "When we started out we had no stars or muscle, we didn't have enough money to do what we wanted to do. We had passion and we had belief and our film shows if you have those two things truly anything is possible."

As though to prove the point, the world's biggest movie stars howled their approval, and gave him a standing ovation.


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